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Exposition

Jean-Louis VILA - Peintures et sculptures

Du 3 février au 25 mars 2017

Enigme

" Il y a (...) là quelque chose d'énigmatique.Tout y est à la fois discret et agressif ( contraignant) : discret dans la mesure où ce que l'on voit n'est pas fait que du " peu " , du " rudimentaire " , de " l'indifférent " d'un ensemble de signes brefs comme distraitement empruntés à des gestes effectués " pour la forme " ; agressif, parce que l'insistance même de ce " presque rien " ( de cette pauvreté ) contraint le regard à accepter un plaisir dont il ne peut pourtant que mésestimer, voire récuser les sources : rien n'est à priori " beau ", " gratifiant ", dans ce corps disloqué, disparate et barbouillé qu'on lui offre comme " œuvre ". Et pourtant, indéniablement, quelque chose, là, sollicite et séduit. Là est la modeste énigme que propose Jean-Louis Vila : sa question. "

Paradoxe

Tour à tour et en même temps, minimal et baroque, primitif et cultivé, voilà le paradoxe du travail de JL Vila.
... « ( traits hésitants ou appuyés, tortillons, filaments, mouchetures, arabesques lacunaires, filigranes rêveurs, déliés soudains empâtés). On pense parfois à Twombly, à certains dessins de Tinguely, aux enluminures, à des décors de baraque de foire, aux gribouillis enfantins. Ce monde, pourtant n'est pas saturé. Plus qu'un fouillis, c'est une ponctuation distraite, archipellisée. Ce qui frappe, plus que l'accumulation, c'est le suspens, le trait rompu, la ligne désamorcée, l'éclipse de la couleur ou l'évanouissement du trait : les lapsus du dessin, le dessin comme acte manqué, la peinture comme oubli ( de la peinture ).

Terra incognita

« Jean-LouisVila ne traque pas les valeurs nouvelles de la peinture et ne travaille pas dans les ruines des anciennes. Il élabore des déplacements et des mouvances qui tirent parti de la crise profonde des référents culturels. Il relate le déclin de la pratique de l'abstraction, mais lui découvre des possibilités inattendues. »
« Avec le refus de toute représentation,les significations se volatilisent. Cette déperdition le dirige vers un non-lieu de la peinture, une région encore vierge, un monde non révélé. Ce cheminement nomade vers la stade ultime de l’ infigurable n’abolit pas la charge émotive et esthétique de ses œuvres. Comme un danger sourd tapi sous la neige blanche, une énigme sublime, sans pathos et nul effet de manche; nous tient et nous laisse où nous ne savons plus. »
Le point de vue de la galerie éclairé par les textes de Christian Prigent, Alain Coulange, Gérard-Georges Lemaire et Yves Michaud.